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ARTCLUB News (#6, September, 2001)

Né enRussie, Volodia Popov est néanmoins considéré comme d'inspiration occidentale dès que l'on regar­de sa peinture.Son art puise aux diverses sources de ses rencontres, il s'enrichit de tout ce qu'il découvre.Pendant plus de dix ans il a composé des toiles dans lesquelles il a intégré, dans son style très personnel, tous les éléments de la tradition russe, s'inspirant des contes, des chansons, des légendes, des motifs paysans, utilisant tous les personnages et le bestiaire du folklore.S'il a évolué dans la recherche de ses thèmes, il n'en a pas moins gardé pour autant une palette de couleurs qui reste très fidèle à celle des icônes, des motifs folkloriques, des objets peints ou des costumes brodés. Richesse étonnante de ses coloris, très élaborés, et pureté extrême de son trait. On sent que son œuvre n'est pas spontanée, mais le fruit de la lente évolution de sa créa­tion.Formé à la fois aux beaux-arts et au dessin industriel, il a su trouver une approche particu­lière qui lui donne à voir les objets à la fois de l'intérieur et de l'extérieur.Il en ressort une impression très forte de secret, de mystè­re, de symbole, une sorte d'im­pénétrabilité des êtres et des choses.

Volodia Popov se livre à un patient travail des couleurs, des reliefs, donnant à ses toiles une petite note abstraite. En utili­sant les effets de matière, les transparences, les taches et les effilochures de couleurs, il anime toute la surface de son tableau, donne une texture à son oeuvre, et par un entrelacs de griffures, d 'éclaboussures, de crachis, crée un réseau de lignes qui, comme des vais­seaux irriguent de sève l'âme de sa toile, et la font vibrer. Ses toiles sont composées avec rigueur, une architecture savan­te répond à la poésie et au rythme débridé de son imagi­naire. Nous sommes plongés, grâce à lui, dans des univers surréalistes où chaque objet a conquis son autonomie, sa propre liberté, plus libres que ces femmes dont l'artiste aime à s'entourer, et qui semblent murées dans une rêverie sans fin, silencieuses, muettes, inac­cessibles, réservant leur ten­dresse à de voluptueux chats.