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GALERIE
de la PLACE News N°1 (2003-2004)
De
sa Russie natale, Volodia Popov a gardé toutes les caractéristiques
de la peinture contemporaine, toute la richesse d'inspiration,
mais il a également su se tourner vers l'Occident, où
il vit maintenant, et intégrer à son art certaines
de nos composantes actuelles. Ses toiles, toujours de grand
format, nous plongent dans ses rêveries intérieures.
Et ses rêveries intérieures nous donnent une image
un surréaliste de son univers personnel. Que l'on regarde
ses natures mortes ou ses portraits de femmes, rien n'y semble
conventionnel. Il insuffle à ses sujets une irréalité
qui fait que nous quittons le monde pour une sorte de conte
de fées. Ces femmes, la sienne probablement tant elles
ont de points communs, sont semblables à des nymphes
longilignes, à la peau douce et nacrée, lisses,
mystérieuses et secrètes, aux yeux étranges
: elles semblent à la fois vous fixer et regarder ailleurs
, au-delà ou au fond d' elles-mêmes. Surréalistes,
les positions qu'il leur
fait prendre, comme à des danseuses de ballets classiques
ou des yogis, mais nichées au creux de fleurs géantes
qui leur offrent un abri à leur nudité.
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Pudiques
bien que nues, elles préfèrent le voile transparent
ou l'exubérance des fleurs pour s'habiller un peu. Ce
qui frappe dans ses toiles, c'est le sens de la linéarité
dans les contours, et le jeu des couleurs dont use Volodia Popov.
Fidèle à la richesse des coloris traditionnels
russes que l'on retrouve dans toutes ses compositions, il les
applique sur des fonds travaillés de reliefs qui leur
donnent un aspect moiré, rappelant les étoffes
et les brocarts d'antan. Ses natures mortes sont envoûtantes
tant il s'y passe de choses. Nous sommes loin des alignements
d'objets ou des compositions savantes et statiques qui font
la matière traditionnelle de ce genre. Chez Volodia (c'est
ainsi qu'il signe ses toiles),une nature morte est comme une
réunion d'amis autour d'une table, un verre à
la main, portant des toasts à tous propos. Son imagination
débridée, et l'influence certaine des
contes russes, font que chaque objet devient un personnage à
part entière dans cette réunion d'amis. Les flacons,
longilignes comme ses femmes, au col effilé et à
la silhouette ondulante comme un roseau, semblent tenir salon
et discourir à l'infini entre eux. Les théières
abritent sans nul doute un génie qui les fait danser
sur la table. Tous les éléments du décor
de ces tables sont animés, déformés, vus
comme en hallucination : ils ondulent, se pavanent et se font
mille grâces. La table elle-même s'évade
de la réalité banale : plateau vertical richement
habillé de lourds tissus brodés d'or, ou tapis
volant prêt à conduire ses passagers dans un autre
monde, celui, fantastique, où les objets parlent et vivent
pour eux-mêmes. Volodia Popov a su transcrire sur la toile
ce que d'autres avaient mis en scène dans la littérature
magique des contes.
Cet artiste nous fait voyager dans un monde poétique,
richement coloré, et ce n'est certes pas par hasard que
les collectionneurs affectionnent à ce point ses toiles,
dans le monde entier.
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