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VOYAGE A PARIS

L’interpénétration des deux cultures - russe et française - est une histoire vieille de plusieurs siècles. A partir du moment où Pierre le Grand mit pied sur les berges de la Seine, Paris, par la beauté classique de son architecture et son rayonnement intellectuel, n'a cessé de fasciner des peintres et artistes russes.
Mais c'est au début du dix-neuvième siècle que s'est effectuée une réorientation radicale et que Rome et l'Italie, qui avaient été les grands pôles d'attraction artistique pour la Russie des grandes impératrices du siècle précédent, ont dû céder la place à Paris, devenu, avec le romantisme de Delacroix et de Corot, le centre de tous les grands mouvement d'avant-garde. Suivirent ensuite l'expressionnisme de Manet, Monet, Renoir, Sisley, etc. qui attiraient des jeunes talents russes autant que le vie des boulevards et des bohèmes de la "belle époque".
Une nouvelle vague de peintres russes "progressistes" déferlait sur la France au début du vingtième siècle, grâce aux déceptions de la révolution avortée de 1905 et à l'attrait des différents mouvements post-impressionnistes (cubisme, fauvisme, futurisme, etc.). Tatline, par exemple, tirait le diable par la queue en jouant le banjo dans les rues des villes, alors que Mikail Larionov vendait ses œuvres 2 dollars pièce. Marc Chagall préférait le soleil ardent du Midi, mais venait souvent à Paris. Pavel Tchelitchev, en revanche, s'installa totalement à Montparnasse, dont la vie effrénée, peut-etre, fit de lui le seul grand surréaliste parmi les peintres russes. Avec les "Saisons russes" de Serge Diaghilev on commençait à ressentir en France l'influence d'un véritable "style russe". II s'est formée autour de Diaghilev toute une pléiade de peintres et d'artistes russes qui se distinguèrent par leurs contributions aux arts décoratifs des ballets et productions théâtrales - avec, d'ailleurs, le concours actif de peintres français comme Henri Matisse et Pablo Picasso.
A partir de 1920, ceci conséquence de la révolution bolchevique, il s'est constitutuée à Paris, parmi la première vague de l'émigration, ce qu'on peut appeler une "avant-garde russe à Paris”. Plus tard, dans les années 1970 et 1980, faisant partie d'une "troisième vague" de l'émigration, surgirent ce qu'on oeut appeler des "non-conformistes", les héros d'une "exposition bulldozer" présentée notamment au palais "Gaza" à Leningrad : Oskar Rabin, Erik Boulatov, Mikhail Chémiakine, etc. Leur représentation de la vie parisienne était plutôt confuse, car leur connaissance de l'art contemporain était limitée et tirée surtout de ce qu'ils en avaient lu dans des revues artistiques.
Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, oeaucoup de peintres russes sont venus à Paris et ont réussi à organiser des expositions de leurs œuvres dans des galeries d'art ou des musées français. On ne peut pas les considérer comme des émigrés, car souvent ils disaient et font toujours la navette entre Moscou, Saint-Pétersbourg et Paris. Parmi eux il faut citer, comme particulièrement doué, Volodia Popov, dont la première exposition à Paris eut lieu en l'année millénaire de 2000.

Olga Larionova